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Des cris dans la brume

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Des cris dans la brume

Message  mcmarie le Jeu 16 Fév - 19:39



Des que la brume se lève, les vents de terre cessent peu à peu de souffler.Les voiles se dégonflent, le navire ne laissant plus de remous du golfe et le silence se fait, pesant, épeurant, pétrifiant.


Chaque fois que la brume rend aveugle et que les coups de corne de brume rappellent de minute en minute les dangers invisibles, des histoires de brouillard refont surface, parfois rocambolesques, parfois fantasmagoriques.


L'opacité de la brume ne fait pas que causer des tragédies et des drames.Parfois, en haute mer, des éclats de rire se répercutent comme des échos de cale, car la crainte est aussi dense et passagère que le brouillard.


Un jour, Moryson, marin fluvial devenu marchand de tabac en feuilles, naviguait dans la baie de la Toundra Boréenne, tout près de Frimara et de la caverne des Murlocs.Il brumassait tant et tant qu'on aurait dit de la soupe aux pois.


Sur le pont d'avant, Moryson gardait les yeux bien ouverts sur la grisaille, au cas où un autre navire croiserait dans les parages.Mais la brume était si épaisse que les limites du monde se terminaient au bout de ses bras.D’ailleurs, il faisait son quart les bras tendus, craignant de se cogner à quelque pièce d'accastillage.


Aucun hurlement de vaisseau ne se faisait entendre dans les alentours.Ils étaient bien seuls dans la baie.Et c'était tant mieux pour l'équipage, car les courants invitaient le navire à la dérive.Après une demi-heure de soupe aux pois, un cri aiguë se fit entendre a quelques mètres, droit devant le navire.


On eût dit le cri d'une femme dans les douleurs de l'enfantement.Pour certains, c'était le cris d'un chien qui se fait écraser.Pour d'autres, ce cri tellement lugubre ne ressemblait a rien du tout.Pour Moryson, c'était le hurlement d'un loup-garou.


Une minute passa, puis un autre cri déchirant fendit le brouillard.L'équipage était sur ses gardes, l'oreille bien tendue.Cette fois les marins reconnurent le cri : c'était celui d'un cochon, d'un vrai porc à la queue en tire-bouchon et à la truffe rose.


Sur le pont supérieur, le capitaine, en sueur malgré le froid, cria aussitôt au second officier :


-Vite! Sort les sondes! On est a quelques verges de la côte.Des murlocs font "boucherie" non loin, en avant.On égorge des cochons a terre, on entend les hurlements d'une saignée!


Mais depuis quand des Murlocs possédaient des cochons? Et au nom de quoi ces imbéciles faisaient donc "boucherie"? Les Murlocs préparaient-il un BBQ?

Avant de transmettre l'ordre, le second jeta un coup d'oeil sur la carte.Il n'y comprenait rien : le sextant les plaçaient au beau milieu de la baie a des milles et des milles des côtes.On avait sans doute mal fait le point et cette erreur de calcul pouvait être fatale.


Le second officier était a peine de retour dans la timonerie, avec le rapport des sondes indiquant des milliers de brasses de profondeur, qu'un autre cri de cochon égorgé se fit entendre a la proue du vaisseau.
Le navire s'en approchait inéluctablement, il n'y avait pas de doute, malgré les précisions techniques de la navigation.


Effrayé, tout le monde se tenait au bastingage, comme a l'arrivée d'un vaisseau a bon port.Mais ce port-ci (ou ce porc-ci, c'est aussi très approprié a la situation) ne disait rien qui vaille.D'un instant a l'autre, on s'attendait a voir surgir du brouillard quelque rocher inconnu ou la proue d'une corvette de pirate évadée d'une histoire de peur et dont l'équipage était en train d'égorger une innocente victime.


Tous avaient la gorge aussi sèche que de la cendre.


Une demi-heure plus tard, la brume se leva enfin.Une bonne petite brise avait eu raison d'elle.Le soleil se montra d'abord sans éclat ni chaleur, comme une lumière blafarde qui paresse dans le ciel avant de ses ressaisir.Le brouillard était devenu rose, presque diaphane.


Enfin, les marins purent voir clair, et sur la mer et dans leur esprit.Un grand éclat de rire monta du vaisseau, telle une clameur qui suit une bonne blague, quand ils virent l'auteur des horribles cris.


A quelques verges, a l'avant, se tenait une vieille goélette, toutes voiles baissées.À mi-mât, au palan, un gros cochon bien rose et bien dodu était suspendu par le milieu du corps avec des câbles.Et comme le brouillard venait de se lever, quelques se préparaient a le descendre dans la cal ouverte au pied du mât.


Ces pêcheurs n'avaient pas de corne de brume, ou bien elle était défectueuse, et, sachant qu'il y avait un autre vaisseau a proximité dans le brouillard, la peur d'être abordés leur avait donné du génie.


Un cochon qu'ils transportaient a fond de cale avait tout simplement servi de sirène.Toutes les minutes, comme le veut la loi maritime, un pêcheur armé d'une fourche piquait le pauvre cochon dans le derrière.


Tous pensèrent qu'il s'agissait là, en effet, d'une superbe sirène de brume dont l'éclat et la portée égalaient bien ceux de la corne traditionnelle.





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Cybelya a écrit:sortez de chez vous, allez prendre l'air, regardez le ciel et écoutez les petits oiseaux chanter...

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